Patrimoine de Mulhouse

ecomusee-alsace   JardinsDutemps1

La naissance de Mulhouse

Si les environs de la cité haut-rhinoise sont occupés dès le paléolithique, il faut attendre 803 pour qu’elle soit mentionnée. Elle ne prend son essor qu’au XIIe siècle grâce à l’existence d’un placereunion_juillet2011_06 important moulin qui lui donna son nom puisqu’étymologiquement, Mulhouse signifie “les maisons du moulin”. En 1354 naît la Décapole, confédération rassemblant dix villes se promettant assistance et secours mutuels. C’est de cette époque que date la Tour du Bollwerk, vestige des fortifications. Mulhouse quitte cette alliance pour se lier avec des cantons suisses jusqu’à obtenir le statut de “canton allié” à la Confédération Helvétique en 1515, se convertissant totalement à la réforme quelques années plus tard. La Maison Mieg témoigne de cette ère, tout comme L’Hôtel de Ville (qui abrite aussi le Musée historique, voir page 73), construit en 1552 par Michel Lynthumer dans le style de la Renaissance rhénane et situé place de la Réunion, où se trouve un bel ensemble de maisons du XVIe au XVIIIe

Le « Manchester français »

Après les Traités de Westphalie de 1648, la ville devient une république indépendantFonderie© Marc Barral Baron pour la Ville de Mulhousee alliée aux Helvétiques, un statut qui permettra son essor démographique et économique. La date de 1746 est essentielle : trois jeunes mulhousiens, Samuel Koechlin, Jean-Jacques Schmalzer, Jean-Henri Dollfuss soutenus par le banquier, Jean-Jacques Feer, fondent la première manufacture d’impressions sur tissus. Le succès est époustouflant et 40 ans plus tard, la ville, devenue un pôle industriel d’importance, compte 26 fabriques de cotonnades colorées, baptisées “indiennes”. Des activités connexes s’y développent aussi, chimie ou construction mécanique. Au XIXe siècle, Mulhouse qui a été réunie à la France en 1798, est un centre économique prospère : dès 1825, un charmant quartier sort de terre, place de la Bourse, avec une très belle colonnade aux airs délicieusement italiens. Autres réalisations, une cité ouvrière modèle construite par l’architecte Émile Muller, des bâtiments industriels parmi les plus beaux d’Europe (dont le complexe DMC qui aligne ses altiers sheds, la SACM…) ou des maisons de maître bâties sur le Rebberg comme la Villa néo-mauresque ou L’Ermitage. Est également érigé le Temple Saint-Étienne dans le style néo-gothique, édifice protestant le plus haut de France avec ses 97 mètres. À la même époque est fondé, le Musée des Beaux-Arts (voir page 72) sous l’égide de la Société industrielle de Mulhouse.

Une modernité revendiquée 

Aujourd’hui, les musées de Mulhouse reflètent son histoire : Cité de l’Automobile (montrant l’éblouissante collection Schlumpf réunie par deux industriels du textile), Cité du Train ou Musée de l’Impression sur étoffes. Après les mulhouse aeroport nightvicissitudes du XXe siècle, la ville, riche d’une diversité héritée de son passé industriel, a réussi à faire un saut dans la modernité, ne négligeant jamais l’éducation de tous avec, notamment, une Université populaire de pointe. Elle a aussi su réhabiliter son patrimoine (La Fonderie abrite ainsi une partie de l’Université et un Centre d’Art, la Kunsthalle, voir page 74) et construire immeubles remarquables (la Tour de l’Europe signée de François Spoerry) et équipements culturels emblématiques comme La Filature bâtie par Claude Vasconi. Les quartiers anciens ont été requalifiés, les friches militaires et industrielles reconverties et le centre-ville refondé avec l’opération Mulhouse Grand Centre. L’art s’invite (avec des stations de tramway imaginées par Buren, par exemple) dans une cité qui  est souvent pionnière avec la récente mise en circulation du premier Tram-Train interconnecté de France ou une Cité Manifeste réalisée par des architectes de renom comme Shigeru Ban ou Jean Nouvel.